Rester la bouche ouverte à regarder en l'air de façon distraite, perdre son temps sans rien faire d'utile.
« Arrête de bayer aux corneilles et aide-moi à préparer le dîner ! »
XVIe s.
Attestée chez les auteurs de la Renaissance : « bayer » (ouvrir grand la bouche) face aux corneilles qui tournent dans le ciel figure l'oisiveté béate.
XVIIe-XVIIIe s.
Usage courant dans la langue classique pour désigner la distraction et le désoeuvrement.
Aujourd'hui
Vieillie mais encore comprise ; on lui préfère « regarder les mouches voler » ou « rêvasser ».
Cette expression s’emploie partout en France.
bâiller (le bâillement involontaire de fatigue ou d'ennui : bayer aux corneilles désigne une inattention active et prolongée, pas un simple réflexe physiologique)
bailler (verbe ancien qui signifiait donner, conservé dans « bail » et « bailleur » : c'est lui qui cause la graphie fautive « bailler aux corneilles »)
« Bayer » : /baje/, deux syllabes, à ne pas confondre avec « bâiller » /bɑje/ (fatigue). La différence est subtile et les deux verbes se confondent souvent dans la prononciation courante.