Jouir d'une très bonne réputation auprès de quelqu'un, être bien vu et apprécié (souvent employé à la forme négative : ne pas être en odeur de sainteté).
« « Depuis sa gaffe en réunion, il n'est plus vraiment en odeur de sainteté auprès du directeur. » »
IVe-Ve s.
Le concept d'odor sanctitatis (odeur de sainteté) apparaît dans les écrits chrétiens latins, notamment chez les Pères de l'Église : un parfum miraculeux émanant des corps des saints est signe de leur élection divine.
Moyen Âge
L'expression entre dans la dévotion populaire et les hagiographies françaises : sentir l'odeur d'un saint lors d'une canonisation est une preuve officielle reconnue par l'Église.
Époque moderne
Le sens figuré se développe progressivement : 'être en odeur de sainteté' commence à désigner la faveur et la bonne réputation auprès d'une personne ou d'un groupe, sans lien religieux.
Aujourd'hui
Employée couramment, souvent au négatif ('ne pas être en odeur de sainteté'), pour dire qu'une personne est mal vue dans un contexte professionnel ou social.
Cette expression s’emploie partout en France.
être en grâce (expression de sens voisin, mais plus liée au contexte royal ou religieux, moins courante en français moderne)
À l'oral, la liaison dans « en odeur » est obligatoire : on prononce [ɑ̃n‿odœʁ]. Le mot « sainteté » a trois syllabes : sain-te-té, mais le « e » central s'efface souvent à l'oral rapide, ce qui donne « sain'té ».