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AccueilExpressionsjouer les Tartuffes

jouer les Tartuffes

Afficher une vertu ou une dévotion que l'on n'a pas, se comporter de façon hypocrite en se parant d'une morale de façade.

Débutantculturehypocrisielitteraturemanipulationmolierereligiontheatretromperie

En situation

« « Il se présente comme un fervent défenseur de l'honnêteté, mais il trompe tout le monde : c'est un vrai Tartuffe. » »

D'où vient l'expression

  1. 1664

    Molière crée Tartuffe ou l'Imposteur à Versailles. La comédie est aussitôt interdite : les dévots se reconnaissent dans le portrait et obtiennent sa censure.

  2. 1669

    Une version remaniée reçoit l'autorisation royale. La pièce triomphe et le nom de Tartuffe entre dans tous les esprits.

  3. XVIIe-XVIIIe s.

    Le nom propre devient un nom commun : « un tartuffe » s'impose pour désigner tout hypocrite religieux ou moral.

  4. Aujourd'hui

    L'expression jouer les Tartuffes reste vivante à l'écrit pour dénoncer la fausse vertu, surtout dans les contextes politiques ou médiatiques.

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

hypocritefaux dévotimposteurpharisien

À ne pas confondre

faire le Don Juan (séduire sans scrupule, sans nécessairement feindre la vertu)

Dans l'histoire

L'expression vient du personnage de Tartuffe, créé par Molière pour sa comédie Tartuffe ou l'Imposteur, jouée pour la première fois devant Louis XIV à Versailles en 1664. Dans la pièce, Tartuffe se fait passer pour un saint homme auprès de la famille d'Orgon : il affecte la dévotion, cite les Écritures à tout propos, mais cherche en réalité à s'emparer de la fortune de son hôte et à séduire sa femme. La pièce suscita un scandale immédiat et fut interdite dès 1664 sous la pression des dévots, qui se reconnaissaient dans le portrait. Il fallut attendre 1669 pour qu'une version remaniée soit autorisée. Ce combat renforça paradoxalement la célébrité du personnage. Dès la fin du XVIIe siècle, le nom propre « Tartuffe » glissa vers le nom commun, et la locution jouer les Tartuffes s'imposa pour désigner tout comportement de fausse vertu ostentatoire.

Étymologie

Du nom propre « Tartuffe », personnage de la comédie de Molière (1664), issu selon toute vraisemblance de l'italien « tartufo » (truffe), par allusion à quelque chose de caché sous la surface. Certains chercheurs rattachent également le nom à « Truffaldino », personnage de la commedia dell'arte italienne. Au fil du temps, le nom propre a glissé vers le nom commun (un tartuffe) puis vers la locution verbale (jouer les Tartuffes).

Prononciation

« Tartuffe » se prononce /taʁtyf/, avec le ff final prononcé comme un f simple. La double consonne ne double pas la durée du son.

Le sais-tu ?

Le mot « tartuffe » est entré dans les dictionnaires comme nom commun. Molière lui-même aurait emprunté le nom à un personnage de la commedia dell'arte italienne, « Truffaldino », dont le nom évoque la truffe (champignon, symbole de chose cachée sous terre).

Registre

Courant

familiersoutenu

Surtout à l'écrit, dans des contextes de critique sociale ou politique, souvent avec une coloration littéraire.

Fréquence

Rare

Cette expression