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AccueilExpressionsle bouc émissaire

le bouc émissaire

Personne ou groupe que l'on rend injustement responsable des maux, des erreurs ou des échecs d'une communauté.

IntermédiaireAnimauxbibleculpabilitecultureinjusticemoralereligionresponsabilitesociete

En situation

« « Quand les résultats ont chuté, c'est lui qui a servi de bouc émissaire alors que la direction portait une part de responsabilité égale. » »

D'où vient l'expression

  1. XIVe s. av. J.-C.

    Rituel hébraïque de Yom Kippour décrit dans le Lévitique : le bouc porte les péchés du peuple

  2. XVIe s.

    Extension figurée en français : toute personne chargée de culpabilité à la place des autres

  3. Aujourd'hui

    Très courante en politique, sociologie et management pour désigner une désignation arbitraire à la faute

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

tête de Turcvictime expiatoiresouffre-douleurcoupable désigné

À ne pas confondre

souffre-douleur : le souffre-douleur est victime de mauvais traitements répétés dans la durée, sans être nécessairement accusé d'une faute précise. Le bouc émissaire, lui, est désigné comme responsable d'un échec ou d'un malheur spécifique, souvent de façon ponctuelle.

Dans l'histoire

Dès l'Antiquité hébraïque, le Lévitique (chapitre 16) décrit un rituel de Yom Kippour (le Grand Pardon) : le grand prêtre posait les mains sur un bouc, confessait symboliquement tous les péchés du peuple, puis chassait l'animal dans le désert pour qu'il emporte les fautes avec lui. Ce bouc 'envoyé' est rendu en latin par 'emissarius' (celui qu'on envoie au-dehors), et l'image s'impose dans les langues d'Europe par les traductions bibliques successives. En français, l'expression est attestée dès le XVIe siècle et s'est progressivement sécularisée : elle désigne aujourd'hui toute personne rendue arbitrairement responsable d'un échec collectif. Le philosophe René Girard a théorisé ce mécanisme en 1982 dans son essai homonyme, y voyant un fondement anthropologique des sociétés humaines.

Étymologie

Du latin 'emissarius' (celui qu'on envoie au-dehors, de 'emittere' : envoyer hors de), et de 'bouc', issu du vieux haut-allemand 'boc' (chevreau mâle). L'image d'un animal symboliquement chargé des péchés puis expédié dans le désert est à l'origine du terme.

Prononciation

Le 'c' de 'bouc' se prononce [k], comme dans 'bec' ou 'sac' : on dit [buk e.mi.sɛR]. Contrairement à des mots comme 'estomac' où la consonne finale est muette, le 'c' de 'bouc' sonne toujours distinctement.

Le sais-tu ?

Le terme anglais 'scapegoat' (bouc qui s'échappe) est une traduction de l'hébreu 'azazel' proposée au XVIe siècle par le traducteur de la Bible anglaise William Tyndale. Il a forgé ce mot de toutes pièces pour rendre le même rituel que le français 'bouc émissaire', et les deux termes sont nés à la même époque.

Registre

Courant

familiersoutenu

Fréquente dans les contextes politiques, sociaux et professionnels pour dénoncer une désignation arbitraire à la culpabilité.

Fréquence

Courante

Cette expression