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AccueilExpressionsse bercer d'illusions

se bercer d'illusions

Entretenir des espoirs irréalistes, se laisser conforter par des croyances qui ne correspondent pas à la réalité.

Débutantcreduliteemotionsespoirillusionlitteraturenaiveterealisme

En situation

« « Il se berce d'illusions en croyant qu'il obtiendra ce poste sans diplôme ni expérience. » »

D'où vient l'expression

  1. XVIIe s.

    « Bercer de promesses » s'emploie déjà en français pour désigner une tromperie agréable qui endort la vigilance.

  2. XIXe s.

    L'expression se fixe autour du thème des illusions perdues, central dans la littérature française : Balzac, Flaubert, Hugo.

  3. Aujourd'hui

    Très employée pour désigner toute pensée irréaliste ou tout refus de regarder la réalité en face, bien au-delà du monde littéraire.

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

nourrir de faux espoirss'illusionnervivre dans un monde de chimèresrêver en couleurs

À ne pas confondre

rêver (sens neutre ou positif, avoir des aspirations : se bercer d'illusions implique un refus conscient ou inconscient de regarder la réalité en face)

Dans l'histoire

Le verbe « bercer » porte depuis le Moyen Âge l'idée de réconforter doucement, parfois de façon trompeuse. Dès le XVIIe siècle, « bercer de promesses » ou « bercer de belles paroles » désigne l'art de tromper agréablement quelqu'un. L'expression « se bercer d'illusions » se fixe au XIXe siècle, au moment où le thème des illusions perdues devient central dans la littérature française : Balzac en fait le titre d'un de ses grands romans (1837-1843), et Hugo, Flaubert ou Maupassant explorent la même désillusion du rêve face à la réalité. Aujourd'hui, l'expression est passée bien au-delà du monde littéraire et s'emploie dans toutes les situations du quotidien.

Étymologie

« Bercer » vient du gallo-roman bertiare, dérivé du germanique bertan (osciller, balancer). « Illusion » est emprunté au latin illusio, de illudere (se jouer de, tromper), formé sur in- et ludere (jouer) : une illusion est donc littéralement un jeu de l'esprit qui trompe.

Prononciation

« Bercer » : /bɛʁse/, deux syllabes, le « er » final ne se prononce pas. « Illusions » : /ilyzjɔ̃/, quatre syllabes avec le son nasal /ɔ̃/ à la fin.

Le sais-tu ?

« Les Illusions perdues » est le titre d'un roman de Balzac (1837-1843) qui suit un jeune homme plein d'espoir naïf confronté à la dure réalité parisienne. La perte des illusions est l'un des grands thèmes de la littérature française du XIXe siècle.

Registre

Courant

familiersoutenu

À l'oral et à l'écrit, souvent avec une nuance bienveillante mais ferme sur l'écart entre espoir et réalité.

Fréquence

Courante

Cette expression