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AccueilExpressionstel est pris qui croyait prendre

tel est pris qui croyait prendre

Celui qui tend un piège ou cherche à tromper se retrouve lui-même pris à son propre jeu ; le trompeur finit par être trompé.

Intermédiairecomportementculturefablefablesironiejusticela-fontainelitteraturemoralepiegepretentionratsrusesagessetromperievanite

En situation

« « Il pensait doubler ses associés et récupérer la mise seul. Tel est pris qui croyait prendre : c'est lui qui s'est retrouvé sans rien. » »

D'où vient l'expression

  1. 1678-1679

    La Fontaine publie « Le Rat et l'Huître » (Fables, Livre VIII) et forge cette formule conclusive

  2. XVIIIe-XIXe s.

    La maxime est reprise dans les recueils moraux comme avertissement contre la présomption et la ruse mal placée

  3. Aujourd'hui

    Proverbe courant, souvent dit avec une satisfaction ironique face à un retournement de situation

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

le chasseur chasséarroseur arrosése prendre à son propre piègetomber dans son propre piège

À ne pas confondre

qui sème le vent récolte la tempête (conséquences de ses propres actes mais sans l'idée de piège retourné)

l'arroseur arrosé (sens voisin mais image différente, souvent plus comique)

Dans l'histoire

Vers conclusif de la fable « Le Rat et l'Huître » (Fables, Livre VIII, 9, 1678-1679). Dans la fable, un rat présomptueux, sorti pour la première fois de son village, prend une huître entrouverte pour une merveille et avance la tête pour la sentir : la coquille se referme sur lui. La Fontaine raille ainsi le fat qui se croit habile et tombe dans le piège qu'il ne voyait pas. La formule est devenue un proverbe autonome sur la ruse retournée contre son auteur, souvent dit avec satisfaction ironique.

Étymologie

Vers conclusif de la fable « Le Rat et l'Huître » de Jean de La Fontaine (Fables, Livre VIII, 9, 1678-1679). La formule emploie « tel » au sens pronominal archaïque de « celui-là qui », structure d'inspiration latinisante. La Fontaine a condensé la morale en un hémistiche mémorable qui n'existe pas mot pour mot dans ses sources (Ésope, Phèdre).

Prononciation

On dit /tɛl ɛ pRi ki kRwajɛ pRɑ̃dR/. À l'oral rapide, « qui croyait » peut se contracter en « qui croyait » sans pause notable entre « pris » et « qui ».

Le sais-tu ?

La Fontaine a beaucoup mis en scène des animaux vaniteux qui se croient plus malins qu'ils ne sont. Le rat de cette fable vient d'un bourg de province, n'a jamais rien vu du monde, et prend l'huître pour une merveille : c'est l'ignorance doublée de présomption qui le perd.

Registre

Courant

familiersoutenu

À l'oral et à l'écrit, souvent dit avec une pointe de satisfaction ironique quand quelqu'un de retors se retrouve pris à son propre jeu.

Fréquence

Rare

Cette expression