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AccueilExpressionstomber en disgrâce

tomber en disgrâce

Perdre la faveur d'un supérieur ou d'un groupe, être écarté de sa position ou de sa confiance.

Intermédiaireancien-regimecourculturehierarchiehistoirepolitiquepouvoirroyauteversaillesvie-professionnelle

En situation

« « Après cette déclaration malheureuse, la ministre est tombée en disgrâce auprès du Premier ministre. » »

D'où vient l'expression

  1. XVIIe siècle

    À la cour de Louis XIV, tomber en disgrâce peut signifier l'exil ou la prison : Fouquet en est l'exemple le plus célèbre (1661).

  2. XVIIIe siècle

    La notion reste centrale sous la monarchie absolue, où la faveur royale détermine rang, fortune et liberté.

  3. Aujourd'hui

    L'expression s'est démocratisée et s'emploie dans tout contexte hiérarchique, politique ou professionnel.

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

perdre la faveur deêtre mis à l'écartperdre la confiance deêtre évincé

À ne pas confondre

être en défaveur (terme plus neutre et moins dramatique, souvent provisoire)

Dans l'histoire

À Versailles sous Louis XIV, tomber en disgrâce pouvait signifier l'exil, la prison ou la ruine. Fouquet, surintendant des finances arrêté en 1661 sur ordre de Louis XIV, en est l'exemple le plus célèbre : la disgrâce était soudaine et totale. Sous la monarchie absolue, la faveur royale était le seul rempart contre la persécution : en perdre la grâce, c'était perdre rang, biens et parfois liberté. L'expression a traversé les siècles et s'emploie aujourd'hui aussi bien en politique que dans le monde professionnel.

Étymologie

Du latin « gratia » (faveur, bienveillance) précédé du préfixe négatif « dis- » : la disgrâce est littéralement la perte de cette faveur. Le verbe « tomber » souligne le caractère soudain et involontaire de la chute : on n'y va pas, on y précipite.

Prononciation

L'accent circonflexe de « disgrâce » est une marque historique, trace d'un ancien s muet hérité du latin « disgratia ». On prononce simplement /disɡʁas/, sans allonger le « a ».

Le sais-tu ?

Nicolas Fouquet avait commis l'erreur d'inviter Louis XIV dans son château de Vaux-le-Vicomte, trop somptueux. Le roi jaloux le fit arrêter trois semaines plus tard. Cette disgrâce inspira La Fontaine, ami de Fouquet, qui retint que même les plus puissants ne sont jamais à l'abri.

Registre

Courant

familiersoutenu

À l'écrit et à l'oral soigné, dans des contextes politiques, professionnels ou mondains.

Fréquence

Courante

Cette expression