Se donner beaucoup de mal pour un travail ou un effort qui ne rapporte rien ou presque rien, le plus souvent parce que l'on n'en bénéficie pas soi-même.
« « J'ai passé tout le week-end à peaufiner ce rapport et personne ne l'a lu. Je travaillais pour le roi de Prusse. » »
1756-1763
Guerre de Sept Ans : la France dépense des ressources colossales pour combattre la Prusse de Frédéric le Grand, sans en tirer de bénéfice réel. La frustration populaire alimente une expression nouvelle.
Vers 1760
L'expression apparaît dans la langue populaire comme une raillerie : travailler « pour le roi de Prusse », c'est peiner pour rien ou pour quelqu'un qui ne vous paiera jamais.
XIXe s.
Elle entre dans les dictionnaires et la langue littéraire, perdant sa référence politique pour désigner tout labeur ingrat et non récompensé.
Aujourd'hui
Toujours vivante, elle s'emploie dans tous les registres (oral, presse, littérature) pour décrire un effort vain dont on ne tire aucun bénéfice.
Cette expression s’emploie partout en France.
travailler au noir (travailler sans déclaration fiscale, mais en étant payé, contrairement à 'travailler pour le roi de Prusse')
À l'oral, attention à « travailler » : le groupe « ill » se prononce [j], pas [l]. On dit [tʁavaje], pas [tʁavailεʁ]. « Prusse » se prononce [pʁys] : le double « ss » donne un [s] sourd, et le « e » final est muet.