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AccueilExpressionsun travail de Sisyphe

un travail de Sisyphe

Une tâche épuisante, répétitive et sans fin, dont le résultat est constamment annulé ou remis à zéro, rendant tout effort apparemment vain.

Intermédiaireabsurdeantiquiteculturegrec-antiqueinutilitemythologiephilosophiepunitionrepetitiontravail

En situation

« « Nettoyer la plage après chaque marée de plastique : un vrai travail de Sisyphe dont on ne voit jamais la fin. » »

D'où vient l'expression

  1. VIIIe s. av. J.-C.

    Homère et Hésiode mentionnent Sisyphe parmi les grands châtiés des Enfers

  2. 1942

    Albert Camus (Le Mythe de Sisyphe) réinterprète le supplice comme allégorie de l'absurde

  3. Aujourd'hui

    Courante pour tout labeur répétitif dont le résultat ne tient pas

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

tâche sans fineffort inutilepeine perduecombat de l'ombre

À ne pas confondre

le tonneau des Danaïdes (désigne aussi un effort vain, mais insiste sur le fait que l'on remplit quelque chose qui se vide aussitôt, plutôt que sur la répétition physique d'un labeur)

Dans l'histoire

Hésiode, Homère et Ovide évoquent Sisyphe comme l'un des grands suppliciés des Enfers, puni pour avoir trompé la mort à deux reprises. Le philosophe Albert Camus a rendu le mythe célèbre au XXe siècle dans Le Mythe de Sisyphe (1942), le transformant en allégorie de l'absurde et de la condition humaine.

Étymologie

Du grec 'Sisyphos' (Σίσυφος), roi de Corinthe dans la mythologie grecque. L'étymologie exacte du nom est incertaine : certains linguistes le rattachent à une racine proto-grecque évoquant l'idée d'une habileté rusée ou d'un labeur pénible. 'Travail' vient du latin 'tripalium', instrument de torture à trois pieux, d'où le sens premier de peine et d'effort douloureux : l'expression double ainsi l'idée de souffrance.

Prononciation

'Sisyphe' se prononce [si.zif] : deux syllabes, le 'y' vaut [i], le 'ph' vaut [f], et le 's' situé entre deux voyelles se prononce [z] comme dans 'maison'. L'accent porte sur la première syllabe : SI-ziphe. Le 'e' final est muet.

Le sais-tu ?

Dans son essai de 1942, Camus conclut par la formule 'Il faut imaginer Sisyphe heureux', retournant l'image du supplice en symbole de rébellion contre l'absurde. Cette lecture a complètement transformé la connotation du mythe en philosophie moderne.

Registre

Courant

familiersoutenu

Souvent employé avec une nuance fataliste ou ironique, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit, dans les contextes professionnels et politiques.

Fréquence

Courante

Cette expression