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AccueilExpressionsvendre son âme au diable

vendre son âme au diable

Sacrifier ses valeurs ou sa conscience pour obtenir richesse, succès ou plaisir, en faisant un choix moralement condamnable.

Intermédiaireameargentchoixcorruptionculturediablelitteraturemoralereligionsacrificetentation

En situation

« Pour décrocher ce poste, il a accepté de couvrir la fraude : certains diraient qu'il a vendu son âme au diable. »

D'où vient l'expression

  1. Moyen Âge

    La théologie chrétienne fait du pacte avec le diable un péché capital : vendre son âme signifie renoncer au salut éternel pour un avantage terrestre.

  2. XVIe-XVIIe siècle

    La légende de Faust prend forme : le savant de Marlowe (1592) vend son âme à Méphistophélès, archétype du pacte diabolique en littérature européenne.

  3. XIXe siècle

    Goethe consacre la figure faustienne (1808). L'expression se laïcise et désigne tout compromis moral pour le pouvoir ou la gloire.

  4. Aujourd'hui

    Employée couramment en politique et dans la vie quotidienne pour condamner un choix qui trahit ses valeurs au profit d'un gain immédiat.

Où ça se dit

Cette expression s’emploie partout en France.

Partout en France

Expressions cousines

compromettre ses valeurscapituler moralementpactiser avec le malpactiser avec le diable

À ne pas confondre

avoir le diable au corps (énergie intense, sans notion de pacte moral)

Dans l'histoire

L'idée de vendre son âme au diable plonge ses racines dans la théologie chrétienne médiévale, où le diable est perçu comme un marchand d'illusions prêt à acheter l'âme immortelle d'un humain en échange de richesse ou de talent. La légende de Faust, déjà présente dans des textes allemands du XVIe siècle, fut mise en scène par Christopher Marlowe en 1592 dans « Doctor Faustus », puis immortalisée par Goethe dans son drame éponyme (1808) : Faust cède son âme à Méphistophélès pour retrouver la jeunesse et le savoir absolu. Au fil du temps, l'expression a quitté le domaine du surnaturel pour décrire tout choix qui sacrifie l'intégrité morale à un gain matériel ou social.

Prononciation

À l'oral, « son âme » se prononce avec une liaison : on entend [sɔ.nam], le n de « son » s'enchaîne avec le a de « âme ». Le e final de « diable » est muet en fin de phrase.

Le sais-tu ?

Au XXe siècle, on a dit que le bluesman Robert Johnson avait vendu son âme au diable à un carrefour du Mississippi pour jouer de la guitare comme personne : une légende qui a traversé toute la culture rock.

Registre

Courant

familiersoutenu

À l'oral et à l'écrit, souvent avec ironie ou pour condamner moralement un choix.

Fréquence

Courante

Cette expression