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Nuancer ses propos en articulant deux faits contradictoires, avec les principales tournures de concession à l'écrit et à l'oral.
Tu poses un fait, et immédiatement une autre réalité le complique. « Il fait froid, mais elle sort quand même. » Ce petit mais cache quelque chose de précis : une concession. En français, la concession s'exprime avec des outils variés, et les confondre produit des erreurs fréquentes même à un niveau avancé.
Ce que tu vas apprendre
À la fin de cette leçon, tu sauras : distinguer bien que + subjonctif et même si + indicatif ; choisir entre une tournure verbale (bien que, quoique) et une tournure nominale (malgré, en dépit de) ; utiliser pourtant, cependant et néanmoins à bon escient dans un registre soutenu.
La concession exprime une contradiction entre deux faits : l'un aurait dû empêcher l'autre de se produire, mais il ne l'a pas fait. Elle diffère de la simple opposition parce qu'elle contient une idée de surprise : l'obstacle est réel, et pourtant le résultat est là.
Les tournures verbales introduisent une proposition subordonnée. Bien que et quoique exigent toujours le subjonctif. Quoique est plus littéraire que bien que et s'emploie surtout à l'écrit soigné. Même si, en revanche, est suivi de l'indicatif (présent, imparfait ou futur selon le contexte).
Les tournures nominales se construisent avec un nom ou un pronom. Malgré est neutre et fréquent à l'oral comme à l'écrit. En dépit de appartient au registre soutenu. Pour passer d'une tournure verbale à une tournure nominale, on nominalise le verbe : bien qu'il soit fatigué devient malgré sa fatigue.
Enfin, les adverbes de concession comme pourtant, cependant, néanmoins s'utilisent en tête d'une proposition indépendante, pour marquer le contraste entre deux phrases séparées. Ils conviennent surtout à l'écrit soutenu. À l'oral, quand même et tout de même sont plus naturels et fréquents.
| Tournure | Construction | Mode | Registre | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| bien que | + subordonnée | subjonctif | soutenu | Bien qu'il soit fatigué, il travaille. |
| quoique | + subordonnée | subjonctif | littéraire | Quoiqu'il fasse froid, elle sort. |
| même si | + subordonnée | indicatif | neutre | Même s'il est fatigué, il travaille. |
| malgré | + groupe nominal | aucun | neutre | Malgré la fatigue, il travaille. |
| en dépit de | + groupe nominal | aucun | soutenu | En dépit des obstacles, il réussit. |
| pourtant / cependant | tête de proposition | aucun | soutenu | Il est malade. Pourtant, il est venu. |
Le connecteur détermine le mode : bien que et quoique imposent le subjonctif ; même si impose l'indicatif ; malgré et en dépit de sont suivis d'un nom, sans verbe conjugué.
Erreur fréquente
Ces erreurs sont fréquentes à l'écrit, même à un niveau avancé.
Astuce
Avant d'écrire, pose-toi la question « est-ce qu'un verbe suit ? » Si oui : bien que / quoique (subjonctif) ou même si (indicatif). Si non : malgré / en dépit de + nom. Si tu relies deux phrases séparées : pourtant / cependant / néanmoins.
Astuce
Situation : tu justifies un choix à un ami. Toi : Bien que ce voyage soit cher, ça vaut vraiment le coup. Ton ami : Même si tu es dans le rouge ce mois-ci ? Toi : Malgré le prix, je ne regrette pas. J'en avais besoin.
Défense d'un rapport professionnel
Le saviez-vous
La concession est l'une des marques stylistiques les plus valorisées dans l'argumentation à la française. Le plan thèse, antithèse, synthèse des dissertations scolaires repose entièrement sur elle : on y reconnaît d'abord un point de vue adverse (certes, il est vrai que...) avant de le nuancer (cependant, toutefois, néanmoins...). Dans les textes académiques et journalistiques, la densité de ces connecteurs signale immédiatement un raisonnement élaboré. Maîtriser la concession, c'est écrire comme quelqu'un qui sait tenir plusieurs vérités à la fois.
Étymologie
Le mot concession vient du latin concessio (de concedere, « accorder, céder »). En rhétorique antique, c'était une figure de style où l'orateur accordait un point à son adversaire pour mieux défendre le sien. La langue française a conservé cette logique : on cède un fait, pour affirmer que le résultat reste le même malgré tout.
À retenir
Bien que / quoique : toujours + subjonctif (quoique, plus littéraire). Même si : toujours + indicatif. Malgré / en dépit de : + groupe nominal (jamais de verbe conjugué). Pourtant / cependant / néanmoins : en tête de proposition indépendante, registre soutenu.
À toi de jouer
Bien que tu ___ raison, je ne change pas d'avis. (avoir)
___ les difficultés, elle a réussi l'examen.
Même si tu ___ d'accord, nous devons continuer.
Quoiqu'il ___ tard, il a continué à travailler.
Il était épuisé. ___, il a terminé le marathon.
Réponses dans le corrigé, en fin de document.
Choisissez la réponse correcte pour chaque question sur les expressions de concession.
Quel mode verbal suit obligatoirement « bien que » ?
Quelle phrase utilise correctement « même si » ?
Que doit-on placer directement après « malgré » ?
Quelle phrase exprime correctement la concession ?
Comment reformuler avec « malgré » : « Il pleut. Nous partons en randonnée. » ?
Exercice 1 (QCM)
À toi de jouer